“Carlos Gardel, el padre del Tango Canción”.

Carlos Gardel, “le père du Tango Chantè” (Fran)

Bonjour et Bienvenue à  « Coronados de Tango » (Couronnés de Tango), un espace que j’ai créé afin de partager mon Chant et mes Réflexions à propos de ce genre que j’aime tant.  

            Aujourd’hui, pour cette première vidéo d’une série que je vais tâcher de réaliser et de partager avec vous, je souhaiterais démarrer en évoquant Carlos Gardel, “le père du Tango Canción”.           

            Gardel ne se résume pas seulement à sa voix merveilleuse. Il a conjugué en lui une infinité de vertus qui furent certes à l’origine du tango chanté, mais qui contribuèrent  également au développement exponentiel de tout ce genre musical.

            Sa vision du futur, son art d’avant-garde et ses capacités innées d’entrepreneur, lui valurent une gloire sans précédent chez un artiste populaire en Amérique Latine dont la notoriété grandissante fut le moteur qui impulsa le développement de la grande machine tanguera, faite de musiciens, poètes, chanteurs, et aussi des industries radiophonique, discographique, cinématographique qui l’ont diffusée à travers le monde.

            Afin de mieux comprendre ce phénomène, je vous propose de voyager dans le temps pour revenir à ce Buenos Aires de 1910, et plus précisément, à ce quartier de el Abasto, là où le jeune Carlitos, avide  de connaissances, commença à devenir un nom connu dans le milieu musical portègne.

A cette époque Gardel était un chanteur de folklore qui composait et chantait ses propres chansons. Le folklore alors était reconnu comme un art savant, contrairement au tango qui était marginal et s’épanouissait dans les maisons closes. Gardel apprit les secrets de cette musique par le biais des “Payadores” (Menestrels) Urbains, qui arrivaient avec leur chant du fin fond de leur province.

            D’autres références fondamentales dans le développement de son chant furent des chanteurs lyriques comme Enrico Caruso ou Tito Schipa qu’il étudia et dont il observa de façon quasi obsessionnelle, autant les techniques de chant que la façon de se mouvoir sur scène et   en dehors de celle-ci.           

           

Au cours des années 20, tandis que Gardel conquérait le pays consolidant sa carrière aux côtés de son collègue José Razzano, le tango commençait à se développer en tant que genre et à pénétrer dans les milieux artistiques. Gardel commença à s’intéresser à cette musique nouvelle née en marge de la ville et qui s’étendit comme une tache d’huile jusqu’en son centre.

            Après avoir enregistré, sur une musique de Samuel Castriota et des vers de Pascual Contursi, son premier tango “Mi noche triste”, à l’origine du paradigme du “Tango Canción”, Gardel pressentit que ce genre avait un futur très prometteur et ce fut ainsi qu’il entreprit une quête insatiable qui lui permit de devenir le grand artiste que nous connaissons, enrichissant son répertoire d’œuvres de grande valeur, tant au niveau musical que poétique et découvrant les meilleurs poètes de l’époque, comme ce fut le cas pour Celedonio Flores, avec lequel Gardel eut, pour ainsi dire, un contrat d’exclusivité! 

            Cependant je ne saurais pas dire si ce grand artiste avait imaginé l’immense apport que son énorme talent était en train de donner au genre et qu’un siècle après il serait une source inépuisable d’inspiration pour les nouvelles générations; une source dans laquelle des musiciens du monde entier trouvent la raison d’être du tango.

            Pour ma part, en tant qu’interprète, Gardel est une figure de référence de grande valeur, à laquelle j’ai sans cesse recours dans chacune de mes interprétations, lorsque je chante des œuvres classiques ou des œuvres nouvelles, comme celle que je vais vous présenter et qui fait partie d’un projet de tangos nouveaux dont l’auteur est le musicien et compositeur argentin Adrián Fioramonti, avec lequel je partage depuis de nombreuses années une bonne partie de mes projets artistiques.

           

Adrián : Affronter la composition de nouveaux tangos est toujours un défi important, en raison de l’héritage immense et merveilleux que les grands auteurs de cette musique nous ont légué. Réussir à faire en sorte qu’ils soient reconnaissables au sein du cadre que les ressources stylistiques du genre imposent, et à la fois parvenir à ne pas les faire apparaître comme de simples copies d’expériences d’autrui, est une tâche ardue à laquelle nous nous sommes attelés avec conviction et sans préjugés.

L’écriture des paroles a parcouru un chemin similaire prenant appui sur tout ce que la tradition poétique du tango nous offre pour nous guider.  Toutefois elle essaye d’affronter des thématiques d’habitude peu utilisées. Des personnages iconographiques de notre histoire et des faits gorgés d’émotion du passé récent se mêlent sans frémir aux souvenirs de jeunesse ou à des lettres d’amour apocryphes.

            Nous allons à présent partager avec vous un titre qui fait partie de notre album “El Conjurado” (le Conjuré) qui se compose de 11 morceaux originaux.  C’est sur “Carta final” (Lettre finale) que je prends congé de vous jusqu’à notre prochaine rencontre sur “Coronados de Tango”.

Carlos Gardel, “the father of Tango Song” (Eng)

Hello, welcome to “Coronados de Tango” [“Crowned with Tango”], a space I have created to share my SINGING and my REFLECTIONS about this musical genre I love so much.

Today, since this is the first of a series of videos that I will make and share, I want to begin with talking about Carlos Gardel, “the father of Tango Song”. 

“Mi noche triste” (Samuel Castriora – Pascual Contursi)

Gardel was not only a wonderful voice, but the conjunction of many other virtues that not only gave birth to the Tango Song, but to the exponential development of the whole musical genre itself. 

His vision of the future, his avant-garde art and his innate abilities as an entrepreneur, led him to obtain unprecedented fame as a popular music artist in Latin America and his continuous growth was the engine that drove the development of the great tango machine, composed of musicians, poets, singers, and the industries that spread tango worldwide such as radio, recording labels and film. 

But to understand a little more about this phenomenon we are going to place ourselves in the time line, traveling to the Buenos Aires of 1910 and more specifically to the neighborhood of Abasto, where a young and restless Carlitos began to be a well-known name in the Buenos Aires musical scene.

By that time, Gardel was a folk singer, who composed and sang his own songs. Folklore in that period was considered a cultured art, unlike tango, which up to that moment was of marginal character and related to prostitutes. Gardel learned the secrets of folklore from the Payadores Urbanos [improvising folk singers], who came with their singing from the inlands. 

Another of the fundamental references at the time of developing his singing were the Lyrical Singers like Enrico Caruso or Tito Schipa, whom he studied and observed in an almost obsessive way, not only regarding the techniques of “bel canto”, but also the way in which they developed on and off the stage.  

In the second decade of the 900’s, while Gardel conquered the country, consolidating his career with his colleague José Razzano, tango began to develop as a genre, and to enter the artistic environments, and Gardel began to pay attention to this new music that was generated in the suburb and that extended like an oil stain until it reached the city center. 

After recording his first tango “Mi noche triste” with music by Samuel Castriota and lyrics by Pascual Contursi, thus giving birth to the paradigm of “Tango Song”, he could glimpse a promising future in this genre and thus began his tireless search to develop the artist he later became, nourishing his repertoire with works of great value, not only on a musical level but also poetically and discovering the best poets of the period, as was the case of Celedonio Flores, with whom Gardel had practically an exclusive contract!

However, I could not specify if this great artist could imagine the immense contribution that with his enormous talent he was giving to this genre and that after a century his work would still be an inexhaustible source of inspiration for the new generations, where musicians from all over the world find in tango their way of expression.

In my particular case as a performer, Gardel is a figure of strong reference value, to which I continuously turn to in each of my interpretations, either when I review classical or new works, such as the one I will present below, which is part of a project of new tangos whose authorship corresponds to the Argentinean musician and composer Adrián Fioramonti, with whom I have shared for many years most of my artistic projects. In this work, Adrián not only composed the music but also the lyrics.

Adrian: Facing the composition of new tangos is always a remarkable challenge, given the wonderful and vast heritage that the great creators of this music have left us. To achieve that our works can be recognized within the framework that the stylistic norms of the genre impose and at the same time that they do not appear as mere copies of other experiences, is a difficult task that we have undertaken with conviction and without prejudice. 

The writing of the lyrics has followed a similar path: settling on everything that the poetic tradition of tango offers us as a guide, we try, however, to face themes that are not very frequent. Iconographic characters of our history and densely emotional events of the recent past are fearlessly mixed with youthful memories or apocryphal love letters.

We will now share with you a last piece that is part of our album “El Conjurado” composed by 11 original songs. The name of this song is “Carta Final” with which I say goodbye until the next meeting in “Coronados de Tango”

CARTA FINAL – A. FIORAMONTI